- t e r r e  e t  f o r m E s -

Théodora Chorafas



Mon travail est essentiellement une pratique de vie.

Entre l’argile et moi se joue une sorte de danse : l’argile reçoit les empreintes de mon devenir tout en obéissant à ses propres lois et limites physiques. En cherchant les limites de l’argile, je définis les miennes. En la façonnant, je donne forme à mon être, comme si l’argile était l’extension de mon propre corps.
  

Plus j’évolue dans cette pratique, plus je m’accorde la liberté de laisser les choses se produire. Je planifie de moins en moins afin d’être plus présente dans l’ici et maintenant, et de devenir un canal.
En dépit de mes 40 années de pratique, je me sens souvent comme une novice en céramique, car j’aime chercher de nouvelles possibilités dans ce monde magique et infini, un monde de transformation, un monde alchimique.


Je n’utilise pratiquement pas d’autres outils que mes mains, et j’emploie principalement les techniques de cuisson à basse température, poursuivant ainsi une tradition grecque qui date de l’Antiquité. Je le fais aussi pour des motifs écologiques, car la cuisson à haute température exige deux fois plus de carburant.

Avoir découvert l’argile, c’est-à-dire, fondamentalement, la terre, comme moyen d’expression artistique me remplit de gratitude, car elle m’ancre dans la vie et donne forme à l’état toujours fluctuant de mon être.​